A 1 – A2
LE SOLEIL
le dimanche 22 Août 2004
FAMILLE BEAULIEU
Sur la terre d'origine
marianne white
MWhite@lesoleil.com
Nous
terminons aujourd'hui notre série sur les grandes familles de la région
de Québec et de I'Est en vous présentant les Beaulieu d'Amérique,
dont le patronyme est le 20° le plus répandu sur notre
territoire. Au cours des dernières
semaines, nous avons raconté l'histoire des Simard, des Ouellet, des Lévesque,
des Bélanger, des Girard, des Poulin, des Gauthier, des Bergeron et des Caron la semaine dernière.
Edgar
Beaulieu approchait l'âge de la retraite lorsqu'il a commencé
à s'intéresser
à la généalogie de sa famille. Cela
ne l'a pas empêché de mener ses recherches, de suivre des formations et de remonter la trace de son ancêtre jusqu'à la baie de Plaisance, à Terre-Neuve. « Ce fut toute une expérience!»
lance I'homme de 83 ans.
Le
descendant d'une des plus petites lignées de Beaulieu, le résidant de Charlesbourg n'a pas eu trop de mal à retracer ses aïeux.
Disons que des étudiants lui ont aussi
donné un petit coup de main!
Tout
a commencé en 1978, alors que le couple visitait une exposition dans une église. À un
kiosque, des étudiants offrent aux
visiteurs de dresser leur arbre généalogique.
« C'était un programme gouvernemental qui visait
essentiellement à donner de l'ouvrage à des étudiants embauchés pour l'été », explique
Edgar Beaulieu.
Il a donné le nom de ses
parents et de ses grands-parents ainsi que leurs dates de mariage, et a déboursé 25$ pour recevoir le document une fois
les recherches terminées.
II a alors découvert qu'il
était de la huitième génération de descendants de Pierre Diers dit
Beaulieu, qui a vécu à Plaisance, Terre-Neuve, un
établissement français. Difficile de dire quand exactement il s'est installé sur cette
île de la côte
atlantique, mais une chose est certaine, il a quitté l'endroit en 1713, dans la foulée
du traité d'Utrech. L'Angleterre, qui venait d'acquérir l'Acadie, demandait à la population un serment d'allégeance pour pouvoir continuer à exploiter leurs terres. Pierre Diers dit Beaulieu part
alors pour le
Québec, qui demeure sous le joug français.
Un registre de la basilique
de Québec fait d'ailleurs état du mariage de Pierre Diers dit Beaulieu avec Charlotte Mondain le 8 janvier 1714.
Les descendants de ce couple sont demeurés pour la plupart dans la région de Québec et ses environs. Dès la génération
suivante, les membres de la famille adoptent le patronyme Beaulieu.
À L'AVENTURE
Marqué par ses découvertes,
Edgar Beaulieu décide en 1984 de se rendre à
Terre-Neuve pour voir de près le lieu d'origine de son ancêtre. Il
part à l'aventure avec sa femme Alice. Premier arrêt:
la baie de Plaisance, où Pierre Diers dit Beaulieu s'est établi
au début du XVIIIe siècle. Capitale française de
Terre-Neuve, Plaisance était bien connue des marins et pêcheurs de la région à cette époque.
La ville est protégée par
les collines environnantes et la France y a construit de nombreux forts, dont les fortifications les plus importantes
sur Castle Hill. De cette hauteur, ils pouvaient surveiller le havre
et les forts situés à la hauteur de la plage.
« C'était très
impressionnant de voir ça. La baie est tellement immense que toutes les marines du monde auraient pu rentrer là ! »lance M.
Beaulieu, qui a travaillé comme électricien pour l'aviation canadienne pendant la
Seconde Guerre
mondiale.
Le couple à ensuite suivi
la trace des archives de l’époque française, qui ont été transférées à Saint-Jean de Terre-Neuve. Des immenses
caisses cadenassées envoyées par la France les attendaient. Elles
contenaient des tonnes de microfilms sur les archives
datant du règne français en Acadie. M. Beaulieu a passé des heures
et des heures à scruter les documents, sans vraiment trouver quoi que ce soit de nouveau sur ses ancêtres.
« On a vu beaucoup de
choses intéressantes sur la vie à cette époque. On peut dire qu'ils ont eu la vie dure», raconte sa femme Alice.
M. Beaulieu continue de
s'intéresser à la généalogie, mais il a mis la pédale douce sur les recherches.« Je suis
rendu un peu
paresseux», lance-t-il en riant. Il continue d'accumuler de nombreux
documents d'époque, dont le contrat de mariage de son ancêtre Pierre Diers dit Beaulieu.
II aurait bien aimé
transmettre sa passion à ses enfants, mais « ils n'ont pas vraiment la tête à ça. Ils sont trop occupés ». Il a néanmoins pu
compter sur les recherches intensives menées par le fils d'un de ses cousins pour en apprendre davantage sur sa lignée.
«Il a réussi à en trouver
plus en quelques clics de souris que moi en plusieurs années de recherche. Je n'en revenais pas! », dit M. Beaulieu, qui
espère que cela inspirera l'un de ses petits-enfants.

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Dernière
modification : 20 November 2009